CONGÉS ANTICIPÉS OCCASIONNÉS PAR LES ÉLÈVES DES LYCÉES ET COLLÈGES : DÉCLARATION DE L’ASSOCIATION DES ÉCRIVAINS DE CÔTE D' IVOIRE (AECI)

LES FAITS

Les congés de fin d’année marquant l’épilogue du premier trimestre, pour cette année 2017, ont été fixés par les autorités au 22 décembre. Malheureusement, depuis le lundi 11 décembre, des élèves de certains établissements ont, par la violence, perturbé les cours et occasionné la fermeture des classes. Ces derniers  estiment, selon une logique dont ils sont les seuls à détenir les clés, qu’ils ne peuvent attendre plus longtemps pour aller en congé. Comme par effet de contagion, d’autres lycées et collèges d’autres communes ont été touchés par cette forme de dictature des apprenants les jours qui ont suivi. Pour rappel, les « congés anticipés » en décembre, décidés par les élèves, ont surgi dans l’espace scolaire dans les années 90 et ont prospéré sous tous les régimes.

LA POSITION DE L’AECI

Vu que l’école est la voie par excellence de la réussite sociale et intellectuelle, surtout dans un univers férocement sélectif et concurrentiel ;

Vu que la fermeture des classes avant la date indiquée a pour conséquences « année scolaire tronquée, formation au rabais, programme inachevé… » ;

L’AECI (Association des Écrivains de Côte-d’Ivoire)  condamne vigoureusement le phénomène des congés anticipés qui, manifestement, est une forme d’indiscipline notoire et de défiance à l’autorité.

L’AECI observe avec tristesse que :

- les autorités de l’Éducation nationale, de tous les régimes qui se sont succédé, n’ont jamais pu trouver une solution pour mettre fin à ce type d’autoritarisme du disciple sur le maître ;

- les associations des parents d’élèves semblent n’avoir jamais fait de cette situation créée par leurs enfants une préoccupation majeure.

L’AECI estime que ce comportement déviationniste de nos élèves traduit :

-   la dégradation progressive de notre système scolaire ;

-  le déficit de l’éducation de base qui doit se faire dans le cadre familial ;

-  la démission des organisations de parents d’élèves.

LES PROPOSITIONS DE L’AECI

L’AECI considère que la sanction ne doit être brandie que lorsque toutes les voies de résolution de ce kyste ont été exploitées. Aussi propose-t-elle que :

- les personnels administratifs des lycées et collèges organisent une réunion de rentrée avec les parents d’élèves à dessein de leur confier des missions spécifiques de sensibilisation de leurs enfants sur le sujet ;

- les autorités de l’Éducation nationale organisent des campagnes de sensibilisation portant sur la nécessité et l’importance de l’achèvement des programmes d’apprentissage ;

- les élèves soient instruits dès le début de l’année de ce que tout congé anticipé décidé par eux est une faute qui sera frappée d’une sanction exemplaire ;

- Ies unités pédagogiques, en intelligence avec les administrations des établissements, programment des devoirs communs durant la dernière semaine qui précède les congés ;

- le Ministère de tutelle réduise l’écart entre la date de l’arrêt des notes et celle des congés de décembre ;

- les parents et tuteurs d’élèves signent un engagement dans lequel ils acceptent que leurs enfants subissent la rigueur des sanctions (bien déterminées) si jamais ils sont mêlés à une entreprise de perturbation de cours en vue d’obtenir des congés anticipés.

 

Fait à Abidjan le 18 décembre 2017

POUR LE BUREAU EXÉCUTIF DE L’AECI

 

AMPLIATION :

- Le Cabinet du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle

- Le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel

- La presse