Princes de Cacopolis ou Les Larmes du destin de Adjon-Guy Dahno


L’histoire de jeunes citoyens : Amani Sankofa et Koffi Adigo. L’histoire de deux princes. Certes ils ne croulent pas sous le faix des billets de banque. 

Princes ils le sont par la noblesse de leurs idéaux. Princes ils le sont de leurs destins. Les études, même brillantes, n’ont pas suffi à leur sertir un nid de quiétude. 

Amani veut puiser sa force dans l’énergie du passé, alors que Koffi rêve d’être un esprit d’aujourd’hui et de demain. Deux destins parallèles qui ont du mal à s’accomplir. Des rêves ballotés par des vents contraires…

L’Erburnie, leur pays, est en proie à la putréfaction et à la déliquescence à tous les niveaux. La violence, la corruption, le clientélisme, la gabegie, le sexe, l’alcool étouffent les lueurs. L’université est un ring de fous, le foncier rural se raréfiant donne lieu à des rixes mortels, l’emploi est trempé dans la boue des réseaux mafieux. Les milieux, urbains et ruraux, sont piégés. C’est dans cet univers à l’horizon plombé que nos deux « princes » vont se frayer un chemin. La désillusion telle une épine surgit sur leurs itinéraires. Ils connaissaient le désenchantement. Ils coulent des larmes. Leur révolte à la fois sourde et silencieuse…

 « Princes de Cacophonie » retrace le combat de deux souffles empêtrés dans les filets d’un pays « pourri ». Les destins dessinés dans ce livre sont ceux que vit, au bord du désespoir, la jeunesse ivoirienne désillusionnée.

Et pourtant ce livre n’est pas pessimiste comme on pourrait le croire. Derrière le rideau des douleurs et des rêves pendus, s’élève un chant lourd d’espoir.

Premier livre d’Adjon-Guy Dahno et déjà ce souci heureux d’honorer le bien dire. De belles métaphores tissent certaines évocations. Les images tressent la splendeur de la narration. Les paroles sont marquées par cette profondeur nobiliaire des sages d’Afrique.

Cependant, les dernières pages du livre accusent une certaine fatigue dans la narration. Des coquilles têtues réussissent à passer par les mailles du filet des correcteurs. Le souffle « aristocratique » du récit de la première moitié su livre s’éteint progressivement.  

Premier livre et déjà que de séduisantes prédispositions. Voici une plume à suivre de près. La graine est bonne.

Adjon-Guy Dahno, Princes de Ccopolis (ou Les larmes du destin), Mary Bro Foundation Publishing, roman, 2017