Déclaration du président de l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire à l'occasion de la 26e Journée Internationale de l’Écrivain Africain

Le 7 novembre a été déclaré, depuis 1992, par l’Association Panafricaine des écrivains, JOURNEE INTERNATIONALE DE L’ECRIVAIN AFRICAIN. Ce jour est l’occasion pour les écrivains africains de réfléchir sur leur statut et leur rôle en vue de mieux prendre part à la marche de leur continent.

Il est de notoriété publique que l’Afrique est régulièrement prise dans l’étau de ses contradictions et ses inconséquences. En plus des défis nouveaux comme la migration et le terrorisme, persistent encore et s’aiguisent, au fil des années, des fléaux comme la dictature, la mauvaise gouvernance et la violence politique sous toutes ses formes. Face au déferlement de toutes ces pressions et tensions, cause de la misère et de la clochardisation des populations, l’écrivain africain est invité à réviser sa vocation et à renouveler sa thématique. Certes, il ne doit jamais rompre avec son statut d’artiste, de pourvoyeur d’émotions, mais en plus, il doit accepter et assumer sa fonction de conscience critique. 
Depuis 2016, l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire s’efforce selon ses moyens de marquer cette journée par l’organisation d’activités susceptibles de mobiliser ses membres. Après la tenue, l’an passé, d’une conférence portant sur le thème « littérature et unité nationale » animée brillamment par l’éminent Professeur Sery Bailly, notre Association envisage de garder le cap en proposant, chaque année, à la même période, d’autres activités dont LA NUIT DE L’ECRIVAIN.

Cependant, au-delà du caractère festif de ce projet, le plus important pour l’écrivain ivoirien est de prendre sa place, toute sa place, dans l’édification de la nation. Il n’a plus le droit de rester en marge des débats d’intérêt national. Il n’a pas non plus le droit de laisser la parole aux seuls politiciens dont les intérêts – ce n’est un secret pour personne - sont violemment en divergence avec ceux du peuple. Lors de ses prises de parole et dans ses écrits, quel que soit le support (réseaux sociaux, livres etc.), on attend de lui qu’il éclaire et édifie. 
Si nous n’avons pas le pouvoir de décider, nous avons cependant le pouvoir de dénoncer, d’analyser, de déconstruire, de proposer…et donc d’influencer les décisions.

A tous les écrivains de Côte d’Ivoire, je souhaite une fructueuse « Journée Internationale de l’Ecrivain Africain ».

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MACAIRE ETTY
Président de l’AECI