Naît-on écrivain ? Non ! On le devient...

Écrire, c’est s’abstraire du monde parce que l’on crée son propre monde.
  • 1. Il faut connaître ses motivations : écrit-on pour publier ou éditer un livre ?
    Écrit-on pour gagner sa vie, gagner les faveurs des médias ? Écrit-on pour réaliser une étude documentaire ou partager un savoir dans une communauté ? Écrit-on pour soi ? Pour guérir ? Selon les objectifs, le parcours est différent. On peut s’auto-éditer ou approcher des maisons d'édition. Quoiqu’il en soit, il faut être exigeant avec soi-même, comme le lecteur le sera.
  • 2. Pour devenir écrivain, il faut être lecteur.
    Et surtout ne pas s’arrêter pendant le processus d’écriture. Lire, c’est l’outil pour écrire. C’est avoir une référence permanente des standards exigés. C'est aussi en lisant et en écrivant qu'on devient écrivain. Les leçons les plus précieuses sont celles qu’on s’enseigne soi-même.
  • 3. Aurai-je l'inspiration ?
    L’inspiration vient le plus souvent d'une résilience. Les souffrances sont la matière de l’écriture, c’est en elles que se forge le vivier de la force émotionnelle, donc de l’énergie créative. Écrire, c’est une manière de prendre le monde à témoin, de régler un compte, de partager sa douleur. Les gens heureux n'ont pas d'histoire, dit-on. C’est sans doute vrai.

Les 6 règles clés de la réussite du travail de l’écrivain.



  • 1. Le commencement : la décision du lecteur d’entrer dans un roman se fait dès les premières  pages.
    >L’accroche pour se lancer est essentielle. Une phrase simple qui inclut les éléments d’un contexte. Dès le premier paragraphe, il faut trouver une dynamique, expliquer beaucoup mais pas trop, créer un rythme mais pas trop intense (pour pouvoir le soutenir).
    >Généralement, le dialogue est à éviter en attaque car les éléments de contexte sont importants pour camper l’histoire et créer un climat. Il est néanmoins bon à la fin du premier jet, de revoir son début ; il se révèle bon ou mauvais selon la direction de votre intrigue car l’ouverture de roman doit être représentative de son contenu.
    >L’idée de personnage ou de lieu est un bon point de départ : partez d’un détail ou d’un point de vue global pour lancer votre histoire. Une citation ou une contrainte d’écriture. Souvent les règles imposées déclenchent l’imagination et la créativité.
  • 2. Le travail : respecter des règles, une « discipline d’enfer ! »
    >Écrire tous les jours, à son rythme, ne pas reporter, persister quel que soit ce que vous produisez, beaucoup ou peu, bon ou mauvais.
    Trouver son style est aussi un travail préalable important. Pour trouver son style, il faut s’appuyer sur soi, non pas emprunter des styles d’écriture, mais créer sa propre empreinte, écarter ce qui est facile, ce qui paraît évident. Supprimer les mots inutiles (les adverbes souvent), choisir ses verbes, se battre avec la langue, la tordre, l’apprivoiser.
    Testez, faites lire, relisez vous-même, créez des temps de pauses pour évaluer avec le recul nécessaire.
  • 3. La concentration : écrivez un premier jet en trois ou quatre mois.
    Plus, c’est qu’il y a un manque de détermination, ou un cap mal défini. C’est pourquoi il est préférable de ne mener qu'un seul projet à la fois qu’il s’agisse d’une nouvelle ou d’un remake de la Comédie Humaine. N'hésitez pas à faire des pauses, la relecture de son propre texte réserve des surprises, le sentiment de lire un livre que vous n’avez pas écrit.
    Tout ce qui est documentation est utile mais ne doit pas être chronophage. Elle doit vous servir à créer un contexte, et surtout ne pas prendre le pas sur les personnages et sur l’histoire.
  • 4. L’exigence : sacrifiez, enlevez tout ce qui est inutile, faites disparaître des  personnages.
    Il s’agit de trouver un rythme. Il faut pratiquer des coupures pour accélérer le rythme. Toute scène doit avoir une raison d'être. L’inutile est de la mauvaise décoration. La patience de lire a des limites et le temps du lecteur n’est pas infini. Des descriptions de paysages sans fin, de longs dialogues stériles doivent être proscrits. La forme n’est pas un but en soi, il faut d'abord avoir une bonne intrigue, tout ce qui est en plus doit la servir.
  • 5. L’originalité : il faut toujours tendre à étonner à chaque page.
    Il faut surprendre le lecteur, qu’il se dise : «  je n’y aurai jamais pensé ». Surprendre son lecteur est une politesse. La conclusion d’un livre aussi est essentielle. Pour être sûr d'avoir une fin en fanfare, il vaut mieux commencer par écrire la fin, puis le cheminement qui empêchera de la trouver. Le style doit être neuf.
  • 6. Les personnages : Katherine Pancol écrit la biographie de ses personnages avant de les mettre en scène.
    Elle les met en fiche avec leurs caractéristiques physiques, leurs habitudes, leur passé, leurs faiblesses. Elle sait ainsi comment les faire réagir et les confronter à toutes les situations. Elle n’a plus qu’à inventer les situations, ils s’animent.
    Prenez, pour construire un personnage, des traits de caractère de vos proches. Des gens que vous connaissez. Il faut les rendre attachants et crédibles, et surtout vrais. D’autant plus facile, s’ils le sont.

Pour devenir écrivain, il n’y a pas de recettes miracles. Il faut aussi du talent.

Votre famille et vos amis ne sont pas les bons arbitres. Ils auront du mal à être objectifs : trouvez des personnes capables de vous dire réellement ce qu’elles pensent de vos textes. Les seuls capables de vous dire objectivement si vous leur avez donné du plaisir, ce sont les lecteurs.
Vous pouvez avoir du talent, innover, écrire parfaitement, travailler des jours durant sans relâche… et ne pas réussir. Le public est roi, c’est lui qui choisit et ses motivations sont parfois difficilement compréhensibles, et la chance y joue parfois un rôle.

* Inspiré d'un article de www.monbestseller.com