POUR MA REPUBLIQUE: Une lecture

Se la taire telle une pierre comme ce « chanteur inutile » que fustige V. Hugo dessinant les contours de la vocation du poète. 
Ou hurler sa rage, mettre à nu l’horreur, stigmatiser la pestilence, pulvériser les dérives afin que le peuple ne soit privé de soleil.


Le poète Hervé Coulibaly Nakpoha-Pédja a choisi de faire partie du second convoi. POUR MA REPUBLIQUE malgré un titre qui sonne comme un manifeste est une coulée poétique qui tire sa substance des valses de la République. Une plume trempée dans la sueur et le sang des éternels damnés.
"La mort plane au quotidien sur le peuple
Et personne ne s'en soucie" (P40)

"La République pue de toutes les odeurs
Pestilentielles qui ceinturent nos vies de misère" (p44)


Que ne fera-t-on pas pour l’amour de la république ? A quelle immolation ne se soumettrons-nous pas au nom de la patrie ? Les mots tonnent, les placards scellés livrent leurs secrets. Le poète n’a pas attendu que l’édifice brûle avant de venir, sur les décombres en fumée, chanter muni de son dodo mystique.
Dénoncer pour rassembler. Décrier pour concilier les contraires et rassembler les enfants dispersés. "La paix à tout prix/ A n'importe quel prix " (P15). Noble vocation.


La parole poétique de Hervé Coulibaly souvent enivrée par l’enjeu sacrifie le jeu pourtant si important au ravissement des assoiffés du beau. La poésie, Hugo l’a dit, n’est pas seulement INSTRUMENT, elle est aussi ORNEMENT.


Soundjata pour l’enjeu. Balla pour le jeu. Concilier les deux pour que la réconciliation hélée réponde à l’appel de la plume.
POUR MA REPUBLIQUE est livre à lire en ces heures ivres.
J’ai lu.