Déclaration du président de l’AECI à l’occasion de la Journée Mondiale du Livre et du Droit d’Auteur

Chères consœurs, chers confrères,

Professionnels et amis du Livre,

En 2018, le 23 avril, nous avons organisé une conférence de presse pour dénoncer le piratage des livres, véritable serpent de mer, qui participe à la ruine des maisons d’édition et à l’appauvrissement des écrivains.

Cette année, en raison des préparatifs du Congrès Ordinaire de l’AECI prévu pour le 04 mai prochain, nous nous contenterons d’une simple déclaration tout en prenant l’engagement de marquer cette journée, l’an prochain, par l’organisation d’un panel littéraire.

Je voudrais, au nom de l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire, interpeller les uns et les autres sur la place que nous devons accorder au Livre dans notre pays.

La journée du 23 avril, comme nous le savons, a été consacrée JOURNÉE MONDIALE DU LIVRE ET DU DROIT D’AUTEUR par l’Unesco. Ce jour hautement symbolique pour la littérature mondiale doit nous interpeller sur l’importance du Livre. La prépondérance de ce puissant instrument de culture n’est plus à démontrer. Enseignants, écrivains, bibliothécaires et journalistes le clament quotidiennement sans que les choses ne changent de façon significative.

Madame Audrey Azoulay, Directrice générale de l'UNESCO interpelle le monde entier en ces mots :

« En cette période troublée, les livres incarnent la diversité du génie humain, donnant corps à la richesse de l'expérience humaine, verbalisant la quête de sens et d'expression qui nous est commune à tous, et qui fait avancer toutes les sociétés.

Et pourtant le Livre chaque jour se retire des préoccupations des autorités et des populations. Les Ivoiriens lisent de moins en moins. La plupart des communes – en tête, la commune de Cocody, réputée être celle des intellectuels – ne disposent pas de bibliothèques. En sus, aucune de nos universités ne dispose d’une bibliothèque digne de ce nom. Les rares bibliothèques qui existaient dans quelques lycées ont été transformées en cybercafés où se regroupent les apprenants pour télécharger de la musique et investir les réseaux sociaux en vue de tuer le temps.

Nous croyons fermement que les gouvernants doivent de façon hardie inscrire le Livre comme une priorité dans leur programme. Une décision politique qui engage les élus, les chefs d’établissement et les chaînes de radio et télévision nationales pourrait booster la promotion du Livre et lui accorder une place dans les habitudes des populations.

La télé a contribué à faire aimer aux Ivoiriens la musique et le football. Elle peut le faire pour le Livre si telle est la volonté de nos autorités.

Le rêve de l’émergence ne peut se faire sans une population qui lit.

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MACAIRE ETTY

Président de l’AECI