DES MOTS DE RIQUELME SUR "LES FLEURS DU PLAISIR" DE BENEDICTO DE BARBOZA

Les Fleurs… Pièces de couleurs agréablement variées et diffusant le plus souvent un parfum suave, elles constituent indubitablement les plus belles parties des plantes.

Et le Plaisir… Un bien joli mot non seulement de par son effet de style, mais surtout de par son sens. En l’espèce, Plaisir est synonyme de désir, de jouissance, de volupté… !

Mis en commun, les fleurs et le plaisir sont donc censés produire la plus belle attraction visuelle, olfactive, sensuelle. Les fleurs enveloppent le plaisir qui prend alors de belles colorations, arbore un doux parfum, se diffuse dans l’air, éveille les sens.

Les êtres enivrés de plaisir se sentent ainsi transportés, leurs enveloppes charnelles se dématérialisent, ils entrent en fusion, ils s’évaporent. Dans le réel comme dans le virtuel, les corps se cherchent, se guettent, se chassent, se pourchassent… puis se trouvent, s’emmêlent, vibrent, planent vers les cimes de la volupté la plus jouissive.

L’auteur de ce chef-d’œuvre a la particularité d’être à la fois cru et très méticuleux dans le choix de ses mots, de ses titres, de ses images. Il parle de plaisir, mais surtout d’amour, car un autre penseur disait que « même si dans la vie il n’y a pas que l’amour, il y a surtout l’amour ». Tout y ramène en effet !

En somme, ce bouquet de poèmes fleuris réconcilie le lecteur avec l’amour originel, l’amour tel qu’il est fait pour être vécu. L’amour sans calcul et sans fioritures. Cet amour-là qui ignore la gêne, la honte, le tabou. L’auteur a, en effet, choisi de ne pas s’embarrasser de codes. Poussé par une audace par trop rare sous nos tropiques, il partage sa vision, ses émotions et ses sentiments sous un angle décalé, depuis les origines de la Création jusqu’à l’ère moderne avec toutes les formes que le plaisir n’a de cesse d’épouser. Il nous montre bien qu’écrire sans plaisir, c’est écrire sans vocation.

Je ne suis pas poète, pourtant j’ai l’impression d’écrire un long poème depuis tout à l’heure. Et porté par ce divin élan de versification, je voudrais me permettre de conclure sur cette strophe…

Qu’on vous traite ou non de pervers

Vivez l’amour à tort ou à travers

A l’endroit ou à l’envers

Mais sans en ignorer les revers.

Riquelme