L’ETUDE DU PERSONNAGE DE TOTO AMA FLEURY DANS "POUR LE BONHEUR DES MIENS" DE MACAIRE ETTY



PLAN

 

Introduction

I-Identification du personnage

1-Les origines de Toto Ama Fleury

2-La profession de Toto Ama Fleury

II-La caractérisation du personnage

1-L’aspect physique

2-L’aspect moral

III-Les rapports de Fleury avec les autres personnages

1-Rapports avec sa famille

2-Rapports avec ses amis

3-Rapports avec M. Khigaly

4-Rapports avec les professeurs d’université

IV-Le schéma actantiel et son interprétation

1-Le schéma actantiel

2-L’interprétation du schéma actantiel

 

Conclusion

Réalisé par KOUAKOU Patrice

                                                         Professeur de Français

au Collège Boliadé de Zoukougbeu

 

Introduction

          Le personnage est un être de papier qui évolue dans un espace et un temps donnés dans une œuvre littéraire. Dans le roman Pour le bonheur des miens de Macaire Etty, nous en observons un nombre non négligeable. Celui de Toto Ama Fleury bénéficie d’un traitement particulier. Pour ce faire,  nous porterons un regard spécial sur lui à travers les interrogations suivantes :

          -Qui est Toto Ama Fleury ?

          -Comment est Toto Ama Fleury ?

          -Que fait-elle dans l’œuvre ?

Les réponses à ces interrogations constitueront le nœud de notre analyse.

 

I-Identification du personnage

 

1-Les origines de Toto Ama Fleury

 

          Toto Ama Fleury est la fille de Toto Kacou Roger (un vigile) et d’une blanchisseuse dont le nom n’est pas donné.  Elle a un frère aîné nommé Koula. Fleury est d’une famille pauvre qui vivait à Boignikro. Pour être plus concret, référons-nous à cet extrait du chapitre 1, pages 7 et 8: « J’appartiens à l’une des familles les plus démunies de Boignikro. Mon père Toto Kacou Roger, était vigile à l’hôpital général. Nous habitions(…) dans un bidonville dénommé ironiquement Petit-Paris. Pour aider mon père à supporter le poids de ses charges, ma mère s’était transformée en blanchisseuse. (…) Pour tout dire, nous vivions dans une indigence à faire frémir le diable de compassion. (…) Koula, mon frère aîné, qui aurait pu soutenir la famille s’était fait écraser les deux membres inférieurs alors qu’il avait voulu s’accrocher à un énorme camion qui transportait l’équipe de football de Boignikro. »

          Fleury était donc d’une origine à la condition sociale défavorable et vulnérable.

 

2-La profession de Toto Ama Fleury

 

          Fleury a dix-neuf ans et est élève en classe de Terminale A lorsque l’histoire commence. Elle nous en donne une preuve à travers ces lignes du chapitre 1, page 9: « Munie de mon billet d’inscription, je me dirigeai promptement vers ma classe, la Terminale A. »

          Elle aura le Bac la même année et ira à l’université pour étudier la philosophie à Gbagbokaha.

 

 

II-Caractérisation du personnage de Toto Ama Fleury

 

1-L’aspect physique

 

          Fleury est une jeune fille d’une très grande beauté qui faisait tourner la tête à tous les hommes. C’est son amie Fany Clara qui lui fait prendre conscience de cette beauté en ces termes au chapitre 1, page 13 : « Sans aucun produit cosmétique ni dans les cheveux ni sur ton enveloppe corporelle, tu es une princesse. Ta beauté est naturelle et n’attend qu’à être mise en valeur. » Il va sans dire que la nature a été généreuse envers Fleury en la faisant ravissante.

          Ce sera cette même Clara qui lui fera une coiffure éblouissante  qui mettra en évidence sa beauté et lui offrira des produits cosmétiques de luxe au chapitre 2, page 18 : « Sur-le-champ(…) elle m’appliqua avec dextérité un défrisant dans les cheveux. De mes cheveux maintenant défrisés, elle réussit à faire émerger une coiffure qui avant même son terme, annonçait son originalité et sa réussite. Elle avait raison, j’étais très belle (...) Fany mit les boîtes de produits de beauté dans mon sac à main, puis le reste dans un sachet noir. »

Comme on le constate, le sens de l’amitié de Clara permettra à Fleury de s’affirmer.

          Cette nouvelle coiffure de Fleury lèvera le voile sur sa beauté car « En ville [elle] ne [passait] plus inaperçue (…) Des hommes connus ou inconnus, se surpassèrent en ruse pour [la] séduire. » (cf. page 23)

          Fleury était donc devenue une reine de beauté, dans la ville de Boignikro, qui faisait soupirer des hommes respectables.

 

2-L’aspect moral

 

          Fleury était une fille de caractère au départ bien éduquée qui fera par la suite de mauvais choix dans l’optique de rendre sa famille heureuse coûte que coûte.

 

2-1/ Une fille bien éduquée et compréhensive

 

          La bonne éducation de Fleury vient de la rigueur et du sens de l’éthique de ses parents. En effet, au lieu d’être envieuse et de courir après le gain facile, elle aide ses parents et se prive de beaucoup de choses. Car, elle le dit dans la narration : « Pendant les vacances, je m’abstenais de tous les divertissements pour [aider ma mère] dans sa tâche ingrate. » (p8)

Une enfant mal éduquée et incompréhensive peut-elle consentir de tels sacrifices ?

           Comme nous l’avons souligné plus haut, cette éducation est le résultat des efforts conjugués par M. et Madame Toto. C’est ce que la narration nous montre sous ces lignes : 

  «-Tu sais, malgré notre pauvreté, ton père a toujours souhaité que nous vivions dans la dignité sans quémander quoi que ce soit. (la mère)

   -Ma fille, n’oublie pas tout ce que je t’ai toujours dit : malgré ta pauvreté, ne sois pas envieuse ! Étudie avec acharnement et tu réussiras un jour ! » (le père) (page 20)

          Cette rigoureuse complicité des parents dans l’éducation fera un effet plus ou moins temporaire sur Fleury.

 

2-2/ Une élève intelligente et studieuse

 

          Fleury arrive à l’école après que ses condisciples ont commencé les cours. Cependant, ce retard ne l’empêchera pas de s’intégrer dans la classe et de s’y tailler une place honorable. En bonne élève, elle se met d’abord à jour : « À l’aide des cahiers de mon voisin, je me mis à jour. » (chapitre 1, page 13)

Comme elle prenait ses études à cœur, elle fut première en philosophie au premier trimestre : «  Nous venions de calculer les moyennes du premier trimestre. Et mon travail se trouva fort excellent. (…) j’occupai sans difficulté la première place en philosophie. »(chapitre 2, page 15) Cette intelligence fera d’elle la meilleure du concours de philosophie auquel elle a participé.

          Fleury est une élève consciencieuse. Elle s’armera donc de courage pour le sourire des siens.

 

2-3/  Une fille courageuse et audacieuse

 

          Nous savons que la famille de Fleury est pauvre. Son frère Koula s’adonne au trafic de drogue. La gendarmerie l’arrête. M. Toto Kacou Roger ne peut rien faire pour sortir son unique garçon de la garde à vue qui annonçait une incarcération imminente. Impuissante, la famille sombre dans la tristesse. Fleury sent le poids de la responsabilité sur ses épaules pour ramener le sourire chez ses parents. Elle décide de faire quelque chose. C’est ainsi qu’elle se rend à la gendarmerie pour rencontrer le commandant de brigade qui l’oriente vers le juge.

« -Je vous en prie, il faut qu’il recouvre la liberté.

   -L’aide que je peux vous apporter c’est de hâter son procès. Il ne faut pas la négliger. » (chapitre 6, page 43)

          Ceci s’appelle de l’audace. Fleury a de l’audace au point qu’elle va rencontrer ces personnalités ! En dépit de tout ce qu’elle sait de la gravité du cas de son frère, elle désire ardemment sa libération ! En échange de quoi la justice doit-elle faire cette entorse au droit ? Fleury savait bien dans quel guêpier  elle s’engageait : il lui fallait consentir d’énormes sacrifices.

 

2-4/ Sacrifice de soi et prostitution

      

*Pour la libération de Koula

          Pour la libération de Koula, Fleury savait qu’elle n’avait pas d’argent à offrir mais qu’elle devait absolument donner quelque chose. Elle risquait alors de souiller son corps parce que sa beauté ne passait pas inaperçue. Et cela, elle l’avait compris depuis le début.

« -Vous êtes si belle et sensuelle. Il est presque impossible de vous résister. Vous pouvez si vous voulez me convaincre, on ne sait jamais.

Je n’avais plus besoin qu’il terminât sa phrase, j’avais tout compris. De toutes les façons j’étais prête à tout. Le plus important pour moi, n’était-ce pas la libération de mon frère et la quiétude de ma famille ? Le sacrifice en valait la peine. » (Page 44-45)

          Fleury n’ayant donc pas le choix, se livre impudiquement à M. Bautrot. Le premier acte sexuel sans amour pour l’intérêt familial trace l’incipit d’une aventure de non-retour dans les contrées infernales de la dépravation des mœurs. 

 

*Pour réussir ses études

a- Le juge Bautrot : un financier potentiel

 

          Fleury a le Bac. Elle pense à faire des études supérieures. Mais elle n’a aucun appui financier. Mademoiselle pense alors à M. Bautrot. Elle renoue les liens  et signe un contrat sordide d’intérêt avec lui : il était chargé de l’assister financièrement et elle devait satisfaire sa libido érotique. Pour appuyer nos propos, référons-nous à cet extrait : « Je finis par accepter l’avilissante proposition du magistrat vicieux. Bautrot, tel est son nom. Depuis Boignikro il financerait mes études et mes besoins de jeunes filles. En retour, toutes les fois qu’il viendrait à Gbagbokaha, je devrais me mettre à sa disposition. » (chapitre 11, page 73) 

          Voilà comment Fleury devint la maîtresse ou l’amante de M. Bautrot. Mais, malheureusement, elle ne s’arrêtera pas à M. Bautrot dans sa course d’assouvissement de ses ambitions d’arriviste dépravée.

 

b- Le directeur des œuvres universitaire : pour une chambre en cité.

 

         Fleury arrive à Gbagbokaha. Elle a besoin d’une chambre en cité universitaire. Et comme le nombre d’étudiants demandeurs de chambres est supérieur à la capacité d’accueil des cités universitaires, elle va user une fois de plus encore de sa beauté pour séduire le directeur des œuvres universitaires dans l’optique d’obtenir une chambre en outrepassant les démarches administratives souvent infructueuses. Nous en trouvons la preuve à travers cet extrait du chapitre 12, page 75: « J’exploitai alors mon atout majeur : ma beauté. Le directeur des œuvres universitaires fut ma victime. Après lui avoir offert une nuit de rêve, il me proposa de choisir moi-même ma chambre. » On ne peut plus arrêter Fleury. Elle a trouvé en sa beauté une panacée à sa pauvreté.

 

 

c- M. Prenoh : pour échapper à la colère des professeurs harceleurs et valider son année.

 

          Toto Ama Fleury, à cause de sa beauté, est harcelée par ses professeurs qui veulent faire d’elle leur amante. Elle refuse ces propositions indécentes et se trouve menacée. Pour remédier à cette situation qui risque de la contraindre au redoublement - ce qu’elle ne voudrait pas - elle choisit l’un d’eux, le doyen de la faculté de philosophie, M. Prenoh  avec qui elle signe un contrat. Il devait calmer l’ardeur vindicative de ses collègues. En retour, elle lui offre un moment de plaisir érotique. Suivons la narratrice au chapitre 13, page 83 : « Je lui expliquai ce que j’attendais de lui. Il devait m’aider en demandant à ses collègues  de m’évaluer objectivement(…) Nous nous retrouvâmes dans un petit hôtel dans une petite ville en bordure de mer. » [1]

          Fleury ne manque pas de détermination pour mettre toutes les chances de son côté. Elle était vraiment rusée. Arriviste confirmée, elle se prostituait pour le bonheur de sa famille, dit-elle.

 

2-5/ Da Costa : une soirée au nom de l’amour et du plaisir érotique.

 

          La réussite du passage en deuxième année après tous les obstacles et sacrifices se fête entre amis. Fleury fait la connaissance de Da Costa, frère de son amie Olivia,  qui  est son cavalier de la soirée. Ama Fleury tombe sous le charme de ce denier. Elle nous en parle en ces termes : « La soif de me faire plaisir en toute liberté m’irrigua sous forme d’une sensation d’intense bonheur(…) Nous sortîmes du maquis, bras dessus dessous (…) Nous fîmes l’amour sous la lumière d’une veilleuse, pendant deux heures. » 1

Avec Da Costa, les choses sont différentes. Elle se livre à lui par amour et non par intérêt financier. Mais cet amour est contrarié par le contrat avec M. Bautrot. Ils ne devraient plus se revoir.

 

          Toto Ama Fleury s’est servi de son corps et de sa beauté comme appât pour atteindre des objectifs d’ascension sociale dans le but d’être utile à sa famille mais aussi pour assouvir sa soif d’amour et de sensation forte pour son propre épanouissement.

 

 

 

 

III-Les rapports de Fleury avec les autres personnages.    

1-Rapports avec sa famille

          Fleury entretient de très bons rapports avec son père Toto Kacou Roger. Elle le craignait et le respectait. C’est pourquoi elle éprouvait une grande peur à la suite des produits cosmétiques que lui avait offerts son amie Fany Clara. Nous en trouvons la preuve au chapitre 2, page 20 : «  À peine avions-nous fini de faire sa table que je l’entendis pénétrer  le salon. Je sentis mes membres inférieurs se fondre sous le fardeau de mon corps(…) Paralysée par la peur, je fus incapable d’articuler un mot. »

Fleury craignait donc les réprimandes de son père.

Toto Kacou Roger et sa femme éprouvaient beaucoup d’amour pour leur fille au point de se dépouiller pour elle : « Il me tendit trois billets de dix mille francs. Cet argent représentait le quart de son salaire trimestriel. C’est un sacrifice énorme qui me remua jusqu’aux larmes. » (chapitre 2, page 21)

          En dépit de leur pauvreté, les parents de Fleury faisaient les sacrifices que leur condition leur permettait pour protéger leur fille contre le monde extérieur.

Fleury avait du respect pour ses parents mais elle n’avait pas toujours été obéissante à ces derniers, au nom de leur propre bonheur. En effet, après le Bac,  Fleury refuse de passer le concours d’entrée au CAFOP conseillé par son père au profit des études supérieures qui s’annonçaient difficiles à cause de leur pauvreté. « Contrairement à son désir, je n’avais pas présenté le concours d’entrée au CAFOP. » dit-elle au chapitre 11, page 71.

          Au nom de ce même amour qui liait les parents et leur fille, Fleury vint au chevet de son père hospitalisé à Boignikro. ( chapitre 15, page 94)

Toto Kacou Roger vole également au secours de sa fille atteinte de la tuberculose à Gbagbokaha et la ramène à Boignikro. (chapitre 18, page 122-123)

 

2-Rapports avec ses amis

      Comme amis de Fleury, nous retiendrons Fany Clara, David, Samira et Olivia.

      D’abord, avec Fany Clara, c’était une amitié sincère qui frise la consanguinité. Fany Clara était très généreuse envers Fleury. Elle était pour elle une confidente. C’est elle qui éveillera l’attention de Fleury sur les sentiments cachés de M. Khigaly. (Chapitre 2, page 18)

      Ensuite, David fut un bon ami pour Fleury car il avait accepté de lui prêter ses cahiers pour se mettre à jour. C’est aussi par ce denier que M. Khigaly passe pour offrir un exemplaire de son roman à Fleury. (chapitre 8, page 53)

      Quant à Samira, elle fut une bonne amie qui attira l’attention de Fleury sur la traîtrise d’Olivia.

     Enfin, Olivia fut une mauvaise amie, une hypocrite qui espionnait Fleury pour le compte de M. Bautrot alors qu’elle lui avait ouvert son cœur et la considérait comme une sœur. Pour finir, Olivia lui arracha son Bautrot au moment où elle avait le plus besoin de lui.

 

3-Rapports avec M. Khigaly

       Khigaly était le professeur de philosophie de Fleury.  Elle fut influencée par le charisme de cet enseignant et finit par tomber amoureuse de lui. Elle entretiendra une relation amoureuse qui sera de courte durée avec lui.  Fleury était follement amoureuse de M. Khigaly si bien qu’elle supportait mal la brutale  rupture de leur idylle. Elle gardait une haine à son endroit pour cette déception quand bien même elle n’avait cessé de l’aimer.  Référons-nous, pour plus de détails à cet extrait du chapitre 4, pages 32-33 : « Oui, je l’aimais autant qu’il était possible à un être humain d’aimer. Dans cette chambre, complice et témoin des premiers pas de notre idylle, nous fîmes l’amour avec une telle osmose qu’on nous croirait être faits l’un pour l’autre. »  Et celui-ci tiré du chapitre 5, page 37 : « Vous dites que vous n’avez pas pu résister, ce jour là, n’est-ce pas ? C’est actuellement ce qui se passe en moi. Je ne peux pas résister à cette envie de vous aimer et de vouloir vivre avec vous le reste de ma vie. Alors, vous ne pouvez pas me demander de faire une chose que vous n’avez pas réussi à faire. »

          La  blessure était tellement profonde que Fleury en voulait à M. Khigaly.

Cependant cette rancœur s’évanouit lorsque M. Khigaly lui prouve qu’il l’aime d’un amour sincère au point de vouloir l’épouser même s’il s’avérait qu’elle était infectée du VIH. Elle se sentait protégée et épanouie en sa compagnie en ces moments d’épreuve.  Fleury refusa  de se marier avec M. Khigaly après le test qui la déclarait séropositive car elle estimait que ce dernier ne méritait pas ce « châtiment ». C’est aussi par amour qu’elle le dit. (chapitre 21, page 139).

 4-Rapports avec les professeurs d’université

Les professeurs d’université évoqués dans le roman sont :

-M. Hassanarah (professeur de méthodologie) ;

-M. Bonké (professeur de logique) ;

-Le professeur d’histoire de la philosophie (un Européen) ;

-M. Prenoh (doyen de la faculté de philosophie).

Tous ces quatre professeurs ont courtisé Fleury dans l’intention de faire d’elle leur amante. Mais M. Hassanarah et le professeur d’histoire de la philosophie se sont montrés particulièrement menaçants. Quant à M. Bonké, elle ne l’aimait pas du tout à cause de sa laideur. Cependant, M. Prenot fut le plus chanceux grâce à son statut de doyen de la faculté de philosophie et aussi pour son charme.  C’est pour cela qu’il aura droit à des instants de bonheur avec la ravissante Fleury, objet de toutes les convoitises. (chapitre 13, page 79-83).

 

 

 

IV-Schéma actantiel et interprétation

1-Le schéma actantiel

 

 

Destinateur                                                                       Destinataire 

Le courage, sa beauté,                                                   Fleury et sa famille

l’école, la pauvreté                                                                                         

                                                                                                

            Sujet                         →             →                   Objet

Toto Ama Fleury                                                    L’ascension sociale

                                                                               Le bonheur de sa famille

                                                                                                  

Adjuvant                                                                             Opposants

Son père, sa mère                                                           M. Hassanarah,

Fany Clara, David                                                          M. Bonké,   

M. Khigaly, M. Prenot.                                                  Olivia, Da Costa

Samira                                                                            M. Bautrot

M. Bautrot                                                                     Les militaires    

2-Interprétation du schéma actantiel

          Toto Ama Fleury décide de rendre sa famille heureuse. Elle est révoltée par la pauvreté et aidée par l’école, le courage et sa beauté. Son père et sa mère la conseillent. Fany Clara la soutient matériellement et psychologiquement. M. Khigaly l’encadre et l’encourage. M. Bautrot l’aide financièrement mais l’abandonne dans sa maladie. M. Prenot la protège contre la rage de M. Bonké, M. Hassanarah et le professeur d’histoire de la philosophie, des  professeurs harceleurs. Quant à Olivia et Da Costa, ils sont des obstacles inavoués sur son chemin. Des militaires la violent et compromettent sa santé.

 

 

Conclusion

          Au terme de notre analyse, il conviendrait de retenir que Toto Ama Fleury est une conscience enchaînée sur l’autel de ses ambitions de voir sa famille épanouie à n’importe quel prix. Son parcours nous montre un personnage tragique tenu en laisse par le destin. Sa détermination à rendre les siens heureux s’est soldée par un cuisant échec : le destin en a décidé autrement. Elle se retrouve à la case de départ.      



1-chapitre 14, page 86 ;