AZO Partir pour rester vivant

Azo ! Azo ! Azo !
l’instant âcre où le poème grince
Irrité
Indigné
L’instant où les mots grelottent
D’effroi
De doute
Au royaume du rossignol
Tout n’est pas que chant d’aurore

À Loglêdou
Une note a été incinérée
A deux vers de la fontaine

A Ouragahio
Une parole a crevé
Au milieu d’un monde barricadé
Crevé
Au seuil des mains qui se ferment
Crevé
À ras des cœurs qui se ferrent

Azo ! Azo ! Azo !
Et dans la chair de mon soupir qui se muscle
Le cri éploré d’un dodo solitaire
Dans la vision fugace
Et des larmes qu’on ligote

Azo ! Azo ! Azo !
Partir pour rester vivant
Partir pour tuer la solitude
Et dans le lointain
Des voix éthérées déclamant
« De la poudre
De la poudre de kaolin
Des couplets
Encore des couplets »
Pour purifier le chemin du poète
Et mordre le silence des dieux
Et depuis se dresse une haie
Pour baliser le chemin de Zakwato

Azo lèvres incisées
Azo cœur excisé
Déjà éteint à toute larme
Déjà veuf de la main ouverte
Partir au pays-de-la-mort-brisée
Où de pureté
Sont gorgés les esprits